Sofiane Sehili, premier français à monter sur le podium du Tour Divide

Passionné de vélo depuis bientôt une dizaine d’années, Sofiane Sehili a mis sa vie professionnelle entre parenthèses quelques temps afin de parcourir la planète à deux roues pour découvrir d’autres lieux et d’autres cultures. Il y a quatre ans, il interrompait cette vie nomade pour devenir coursier à Paris et vivre sa passion autrement.

Les exigences de ce métier sur le fil du rasoir l’ont fait progressé rapidement en tant qu’athlète et le cyclisme est devenu pour lui plus qu’un mode de déplacement et de découverte du monde : un vrai sport.

Naturellement endurant, Sofiane a choisi de s’orienter vers la longue distance. Aux 200km ont
succédé les 250, puis les 300. C’est alors qu’il a découvert une discipline en plein essort : le bike­packing. Fidèles à l’esprit des premiers tours de France, ces épreuves longues de plusieurs milliers de kilomètres se déroulent d’une seule traite et sans assistance. Chaque participant gére toute sa logistique, son ravitaillement, l’entretien de sa machine, la navigation etc… Aucune aide extérieure n’est autorisée afin que tous les coureurs abordent l’épreuve sur un pied d’égalité.

Un bon bike­packer, en plus d’être dans une condition physique irréprochable,
doit être un bon mécanicien, exceller en orientation, être débrouillard, mais également fin stratège et surtout capable désenchaîner les efforts longs avec pas ou peu de récupération.

Les courses les plus notables traversent les Etats ­Unis ou l’Europe, à l’instar de la
Transcontinentale, de la Trans Am ou du Tour Divide. C’est justement ce dernier qui a particulièrement attiré l’attention de Sofiane Sehlii, notamment du fait de sa difficulté.

La course la plus dure au monde : 4 300 km et 61 000 m D+ en 16 jours

Débutant au sud du Canada pour s’achever à la frontière mexicaine, le parcours suit la ligne continentale de partage des eaux qui divise l’Amérique du Nord en deux. Empruntant principalement des routes non asphaltées, des chemins de terre et des sentiers de randonnée, l’itinéraire long de 4 300km propose un dénivelé positif total de 61.000m et culmine à 3 630m. La longueur de l’épreuve, les innombrables cols à franchir, les conditions météorologiques extrêmes et l’état souvent mauvais des routes, font que le Tour Divide est communément présenté comme la course cycliste la plus dure au monde.

saofianeAprès une reconnaissance du parcours en 2014, Sofiane a commencé à s’entraîner pour participer à l’édition 2015. Malheureusement, suite à une blessure et il a du renoncer à se présenter sur la ligne de départ. Ce n’était toutefois qu’un report. Dés janvier 2016, il reprenait en effet une préparation intensive. Après avoir cumulé plus de 20 000km en quatre mois, il a observé un repos complet durant le mois de mai pour être frais le 10 juin, à l’heure de rejoindre les 180 autres coureurs sur la ligne de départ.

Au terme de 16 jours de course, il a rallié la frontière mexicaine en troisième position,
devenant ainsi le premier français à accéder au podium de la plus ancienne et mythique des
épreuves de bike­packing. Cette performance exceptionnelle le classe également parmi les dix coureurs les plus rapides de l’histoire du Tour Divide.

Sofiane a passé en moyenne 17 heures en selle par jour soit 270 km et 3 800m de dénivelé positif. La course a été remportée par le Gallois Mike Hall, recordman du tour du monde à vélo le plus rapide.