Une Super Randonnée ultra… confidentielle !

Personne ne l’a jamais finie. Faut dire aussi que personne ne l’a jamais commencée. Dommage car pour ce que j’en ai vu c’est très clairement la plus belle. Allez on enclanche les cales et c’est parti pour la Super Randonnée l’Oreille d’Ane.

Cette Super Randonnée navigue entre le sud des Hautes-Alpes (parc national des Écrins) et le nord des Alpes de Haute-Provence. Elle visite le Bochaine, le Dévoluy, le Beaumont, le Champsaur et le Valgaudemar, les environs du Lac de Serre-Ponçon, et les Préalpes de Digne. Elle vous fera découvrir des petites routes, des villages perchés et des cols méconnus autour de Gap, et vous offrira des vues panoramiques sur les vastes vallées du Drac et de la Durance, de part et d’autre de la célèbre Route Napoléon (N85).

Je profite d’une accalmie entre 2 gros orages sur Gap pour me lancer. Grâce à @FlorianCabaj qui m’a prêté ses deux copains, Eole et Hélios, un bon vent de face m’épargne les pluies diluviennes et ça tombe bien car je n’ai pas pris mon gel douche. Le parcours commence de façon grandiose, je me laisse porter. Enfin façon de parler, 1000 m de Dz+ en 20km pour la montée de CaUse – Céüse – le ton est donné. Le chrono s’inquiète un peu.

Je poursuit ma route de cols en cols et bientôt la luminosité baisse. Je continu dans l’obscurité en admirant la voie lactée. Je ralentie voir je m’arrête régulièrement pour laisser passer divers animaux nocturnes : chevreuils, biches, lièvres, raton-laveurs… Ils sont chez eux et prioritaires dans ces grandes étendues sauvages. Je croise également 2 chiens mono-neurones, on est loin du prix Nobel. A défaut d’avoir des lumières en face de moi la mienne est suffisamment puissante pour les faire reculer. Le chrono est bien stressé.

Petit détour pour aller chercher un colounet qui complète ma collection. Il est temps pour moi de faire une précision importante : je fais bien tout en aller-retour, je ne touche pas au parcours. Le règlement est très clair là dessus : “le candidat a le droit de sortir de la trace pour un besoin vital (chasser un col ou manger un brownie). L’organisation décline alors toute responsabilité en cas d’attaque de crocodiles. Il est obligatoire de reprendre le parcours là où on l’a quitté sous peine de chute de cathédrale.” Ok, ce n’est peut-être pas exactement les termes mais c’est l’idée. Le chrono se fait sepuku.

A l’aube j’atteins enfin la Mure, 170 km sans boulangerie ça pique ! Au menu ça sera ravioles, café et pain au chocolat.

En guise de digestion voici venir le Pirequetout (petite musique d’horreur et cris d’épouvante dans vos oreilles). Ce col est juste ignoble. A côté mes fracs dans le relais télé du Mont du Chat font office de promenade de santé pour sénateur asthmatique. Je ne sais toujours pas comment nous nous en sommes sorties avec ma Licorne. La route se poursuit avec Notre Dame de la Salette. L’émotion est palpable lorsque je découvre le sanctuaire perché dans ce lieu reculé. Je reste un bon bout de temps à admirer les lieux, le chrono en profite pour se jeter du haut d’une falaise. Juste avant de repartir je croise 3 petites vieilles et l’une d’elle dit “Pour monter en vélo ici c’est obligatoirement un électrique !”. Euuuuhhhh ??? C’est pourtant connu que les licornes sont très susceptibles, lui dire qu’elle est grosse c’est prendre le risque de se faire mordre directe. Heureusement une autre rectifie que non, ça se voit bien qu’il n’y a pas de batterie vu la taille du cadre. Ouf ! L’incident est évité.

Après un déjeuner adapté à la chaleur ambiante, taboulé / coca / pêche, me voilà repartie bon train vers Gioberney. A quelques km du sommet la route est bloquée par un éboulement et des gros travaux. Mon premier réflex est de prendre les panneaux d’interdiction et le chantier en photo. Lors de la descente une controverse de 3,6 secondes avec moi-même me fait prendre une décision : je ne demanderai pas d’homologation. Une super rando mérite une homologation avec les formes, être faite entièrement alors même si le règlement me le permettrait je n’ai aucune envie d’avoir un numéro à tout prix même si ici je ne parle que de quelques km. Je sais que cette décision peu surprendre mais qu’importe ? Je roule avant tout pour mon plaisir. Bon d’accord chasser des cols et piller des boulangeries aussi, surtout les gâteaux au chocolat. En tout cas je ne roule pas pour une quelconque gloire, l’homologation est pour moi une consécration (voire une conséquence) d’un bon moment passé en selle, un moment hors du temps et de notre société, pas un but en soi. Par contre le parcours me plait incroyablement, je vais donc le continuer. Au détour d’une attaque de boulangerie (café/gâteau chocolat – noix de coco pour moi, mendiant au miel pour ma licorne) j’envoie un petit message à mon chéri pour lui dire que je rentrerai dès le vendredi soir sur Gap (pas dans la nuit comme prévu) et que s’il veut bien il sera accompagné en rando samedi. J’en profite pour renvoyer le chrono chez lui, à la prochaine !

Je m’arrête pour la nuit dans un abris à charriots de superette. Une bonne grasse mat’ (3h de dodo !) et 2 parts de pizza plus tard j’harnache ma licorne. “On va où ?” me dit-elle en finissant son mendiant aux miel ? “Bin on continu, on a rendez-vous à Gap que ce soir. Tu voulais faire quoi ?”. “Allez chasser des cols ?” Ni une ni deux, nous voici partie en direction d’une série de cols à l’est de Gap. Comme le dit si bien une célèbre marque de sport “Another best day” ! J’arrive au col de Mense juste à temps pour voir un superbe levé de soleil.

Un pillage en règle de boulangerie plus tard (le classico pizza/café/pain au chocolat) me revoilà partie cette fois direction des Baronnies Provençales. Dire que je suis tombée sous le charme de cette région est un doux euphémisme. Les cols s’enchaînent pour mon plus grand plaisir et je découvre des paysages incroyables. Hélas, l’heure de rentrer arrive bien vite. Arrivée en haut du col je constate que je n’ai plus d’eau, pas grave j’avais vu une fontaine dans un village au pied il suffit de refaire le col. Hmmmm ? Moi ? Faire preuve de mauvais esprit et ne pas vouloir rentrer ?? Roooo si peu.

Le casque bien vissé sur les deux oreilles ou plutôt sur les tempes puisqu’il s’agit d’un casque ostéo je prend la départementale du retour prête à jouer les Mimi Siku en ville et à (enfin !) goûter aux oreilles d’âne dans un petit resto local. Maintenant place à la récup en attendant le 1000 des Alpes by Miss Coco fin juillet.

J’espère vous avoir donné envie de vous inscrire sur ce parcours, il est impressionnant dans ses chiffres mais tellement magnifique qu’on en oublie rapidement le lactique qui a prit la place du sang.

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