Une belle RAF 2023 pour le Team Cyclosportissimo

Du 22 juin au 02 juillet 2023, pas moins de 6 représentants du Team Cyclosportissimo ont participé à la Race Across France : Rémi Borrion, Fred Fleck, Jacques Freydrich, Eric Jaby, Nicolas Mangin sur la distance reine de 2500 kms et Gilles Pascal sur le 500 kms. N’oublions pas non plus Pascal Bride, très actif en coulisse tant au niveau du tracé du parcours qu’en chef d’orchestre d’une base de vie à Kingersheim que les participants de cette édition 2023 ne sont pas prêts d’oublier tant l’accueil y fut au petit soin.

Si les 6 représentants du team Cyclosportissimo ont connu des fortunes diverses, tous gardent à l’esprit des émotions intenses à l’instar de Fred Fleck :

Cette aventure fabuleuse m’a transporté du Nord au Sud de la France en passant par les Vosges, le Jura et les Alpes France pendant 9 jours. Que d’émotions, de moments partagés avec les autres partenaires et de souvenirs inoubliables. C’était mon premier 2500 km après plusieurs 1000 km et le plaisir est encore plus grand, plus fort.
Ce qui est fou à l’arrivée de ce type d’épreuve, c’est qu’on a qu’une envie … c’est de repartir.

Fred FLECK – RAF 2500 – Solo – Finisher – 8J 18H01

Si je devais résumer la RAF en 3 mots je dirai magique, passionnant et carpe diem.

Sur une telle épreuve on vit des émotions très fortes et des moments uniques. Si je dois en garder un, c’est l’arrivée dans les Vosges après 750km. C’était le jalon que je m’étais fixé pour faire le point sur mes problèmes de genoux d’avant course. Je savais qu’à ce moment là, mon corps m’aurait donné ou pas l’autorisation de poursuivre … et à priori, il était d’accord. Quel soulagement et quel plaisir de pouvoir poursuivre l’aventure.

Inversement, je n’ai pas vraiment de mauvais souvenirs. A la rigueur, l’arrivée à Metz de nuit où tu prévois d’être au lit à minuit et qu’à 2h00 tu tournes toujours dans cette grande ville. Le GPS en ville de nuit c’est vraiment galère ! Il y a aussi l’oubli du GPS à la base de vie de St Jean en Royan que tu as laissé charger sur une table et que tu ne t’en rends compte au bout de 20 minutes … c’est toujours mieux que de ne pas s’en être aperçu !

Malgré la fatigue et les efforts accumulés, à mon arrivée à Mandelieu je n’avais qu’une envie, celle de repartir tant cette aventure est passée finalement trop vite. Je n’avais pas envie qu’elle s’arrête. Tu la prépares, tu y penses pendant 1 an et hop, c’est déjà fini … Un peu de tristesse donc lorsque j’arrive à Mandelieu et beaucoup de blues les jours d’après.

Le parcours était tout simplement magnifique et parfaitement tracé. Certes, il fallait apprécier le dénivelé (+ de 40 000m à mon compteur) mais à partir du moment où nous sommes arrivés dans les Vosges, je n’ai pas vu le temps passé. Le fait de traverser la France est un des critères qui m’a incité à m’inscrire et je ne le regrette pas du tout. C’était génial de traverser toutes
ces régions françaises … on est chanceux, la France est un superbe pays.

L’organisation est par ailleurs plutôt bonne dans l’ensemble, aucun bug à ma connaissance. J’ai en revanche préféré l’ambiance lorsque nous étions uniquement entre coureurs du 2500. A partir de la BV de Guillaumes, le mélange avec les autres circuits a coupé notre groupe, nous nous sommes retrouvés au milieu d’autres coureurs plus frais, un peu excités et le côté « groupe de copains en colonie » a disparu.

A ce propos, de toutes les rencontres que j’ai faites sur cette épreuve, je retiens celle faite après 2 jours de courses où nous nous sommes retrouvés une dizaine de coureurs à se croiser. Parmi ces coureurs, Nicolas Mangin du Team également et plusieurs très jeunes (à peine la vingtaine) avec qui, je vais partager les 3/4 de cette aventure. Ils avaient tous un super état d’esprit et cela aide énormément de retrouver régulièrement ces partenaires d’aventure … Mention spéciale à Tobias, un jeune Allemand avec la banane nuit & jour, que je ne vais pas quitter entre le CCK et l’arrivée à Mandelieu.

Si je dois repartir sur ce genre d’aventure, au niveau préparation je ne supprimerais pas les séances un peu intensives Zwift de mon plan d’entrainement comme j’ai pu le faire sur les 6, 8 semaines précédentes en pensant que cela impactait ma récupération musculaire. Je pense que c’est
une erreur. Pour ce qui est du matériel, pas grand chose à changer si ce n’est de trouver un bivy vraiment mini car le mien était trop gros, du coup je ne l’ai pas pris.

Pour la suite de la saison, j’adorerais repartir sur une épreuve de plus d’une semaine mais ces sont les congés qui vont coincer ! Du coup, je vais essayer de faire le Bikingman Euskadi (ou l’Extrême Jura Challenge) début septembre, tenter les 7 Majeurs depuis Briançon ou Guillestre et retrouver avec grand plaisir l’équipe Cyclosportissimo encore 1 ou 2 fois en 2023.

Nicolas MANGIN – RAF 2500 – Duo – Finisher – 8J 12H04

Cette Race Across France est aventure inoubliable. Mon meilleur souvenir est l’arrivée au sommet de la Cayolle. On a fait toute la montée sous la pluie… et le soleil est sorti au moment de prendre la photo devant le panneau. J’y ai vu un signe que cette RAF touchait à sa fin, que les difficultés étaient derrière nous et qu’il n’y avait aucune raison valable de ne pas franchir la ligne d’arrivée. Et quand j’ai franchis cette fameuse ligne d’arrivée, je n’avais envie que d’une bière, d’une douche et de prendre mon binôme, Sébastien Saint Jalmes dans les bras (pas forcément dans cet ordre là !). Je garde un bien moins bon souvenir du passage du premier col dans les Alpes (La Madeleine). Je n’ai jamais aussi souffert sur le vélo qu’à ce moment-là ! Mais un concurrent, Lionel, m’a donné la force pour ne pas lâcher. Au regard de ses problèmes physiques et de sa détermination à ne pas baisser les bras il était hors de question que je pense à abandonner.

Cette RAF était une première pour moi. J’ai trouvé que l’organisation était très bonne. L’ensemble des personnes (bénévoles, BDV, autres) étaient clairement bienveillants. Je ne regrette nullement d’avoir tenter l’aventure. J’ai d’ailleurs décidé de m’inscrire parce que c’était Pascal Bride qui faisait le parcours… Aucune déception, j’ai bien retrouvé son esprit torturé avec des petites routes, des paysages magnifiques et un parcours difficile comme il sait le faire !

Cette expérience va forcément m’être utile pour d’autres aventures, notamment au niveau de la gestion du bivouac : pas assez confortable et donc pas assez reposant pour moi.

Mon prochain objectif est Paris – Brest – Paris fin Aout puis La Vosges Express en gravel fin septembre.

Jacques FREYDRICH – RAF 2500 – Solo – Finisher – 8J 11H44′

Trop bien, trop court… qu’une envie : repartir !

Gilles PASCAL – RAF 500 – Solo – Finisher – 1J 9H16

La première journée fut très agréable, malgré la pluie et le vent, le parcours était super. Le deuxième jour, l’effort mental permanent avec la canicule et les enchainements de bosses très, voire trop, condensées sur la fin du parcours l’ont rendu plus délicat à passer, notamment l’avant dernière montée dans le massif du Tanneron dans la fournaise. Le parcours aurait mérité d’être mieux dosé.

Je garde malgré tout un bon souvenir d’ensemble et notamment des kilomètres partagés avec quelques jeunes concurrents du 2500. L’organisation est à la hauteur de l’évènement, très réactive sur les erreurs de parcours et une base de vie à Guillaume très conviviale. En revanche, l’absence de buvette dans l’aire d’arrivée n’est pas un bon point, pas plus que l’attente très longue pour au final un sandwich quelconque sans compter qu’il faut acheter sa bouteille d’eau gazeuse !

Rémi BORRION – RAF 2500 – Solo – DNF

Une RAF en 3D pour bien résumer mon aventure : détermination, douleurs, désespoir. Une RAF en 3 temps également : j’ai bien roulé pendant 1900 km, galéré pendant 300 et au final je suis DNF.

Très déçu évidemment. J’essaye de ne retenir que le positif, à savoir le chemin phénoménal parcouru, les beaux paysages, et surtout que j’étais compétitif. J’ai partagé pas mal de route avec Clément Clisson que je connaissais déjà. De bons moments, comme de recevoir un coca d’une famille inconnue qui t’attend au bord de la route pour te féliciter en t’appelant par ton nom ! Autre souvenir inoubliable, cette micro sieste seul la nuit sur le col de la Madeleine, au milieu des étoiles. Magique !

Dans l’ensemble le parcours était très agréable avec du dénivelé comme j’aime. Seuls bémols : la traversé intégrale de Metz à 17h et la suppression col du Pré / Cormet de Roselend pour des raisons indépendantes de l’organisation. Chaque année la RAF progresse et coté bases de vie et bénévoles c’est vraiment très bien.

Mais forcément, d’un autre coté dans ma tête les souvenirs se réduisent principalement à ces 300km de galère, alors que ça ne représente qu’une petite partie du parcours. Va falloir corriger ça même si je ne sais pas quoi changer par rapport à ce que j’ai fait pour me présenter au départ. Je suis DNF sans avoir l’impression d’avoir commis une faute contrairement à des épreuves précédentes. Je pense avoir bien géré le rythme, l’alimentation, le repos, etc. Pour autant, je n’ai pas envie d’aborder les épreuves de ce type en mode cyclotouriste pour augmenter les phases de repos. Coté matériel, le Di2 est compliqué à gérer car peu d’autonomie (j’ai la dernière version, 12v, avec moins d’autonomie et une prise sur le dérailleur arrière, donc incompatible avec la charge en roulant).

La suite de ma saison passera peut être par le BikingMan Euskadi, à confirmer.

Compte rendu détaillé de Rémi à lire sur Strava : https://www.strava.com/athletes/2118628/posts/24737454

Eric JABY – RAF 2500 – Solo – DNF

Cette RAF est assurément un Aventure avec un grand A. Une aventure sportive personnelle où l’esprit de compétition est relégué très loin des premiers objectifs de la majeur partie des concurrents. Les épreuves longues distances génère beaucoup de générosité, d’entraide et de camaraderie. Nous sommes tous solidaire dans l’effort. Le terme de progression prend ici toute sa dimension : franchir les 1000 premiers kilomètres en trois jours en gérant l’ensemble des domaines qui nous permettent d’avancer l’hydratation, l’alimentation quand tout est fermé en Alsace le dimanche et dans le jura le lundi est pour moi une satisfaction. Le mental n’a jamais flanché. La veille de mon abandon je pensais encore finir.

Mon meilleur souvenir, c’est tous ces paysages sublimes sur un magnifique parcours chargé d’émotion. Le parcours est sublimes et les paysages tout autant variés que magnifiques. Mélant histoire, mémoire et culture tout au long du parcours notre attention était occupé par tout ce que nous découvrions. A titre d’exemple parcourir les champs de bataille de Verdun au petit matin avec le levé de soleil et un silence tout juste troublé par le chant des oiseaux est quelques chose de profond et d’intime qui pousse à la méditation et au recueillement. Côté difficultés, le parcours s’annoncé copieux, il le fut. Dès les Ardennes les zones de plats ont disparues. Les Vosges furent un sacré chantier où l’on est toujours en prise avec des descentes trop courtes pour récupérer. Le Jura et notamment ses petites routes dans les alpages et de nuit s’est avéré piégeux entre le gros pourcentages et le froid. Je suis peut-être parti avec des braquet trop gros pour le parcours 50/34 et 11/32. Au moins un 34 à l’arrière m’aurait certainement permit de franchir les gros pourcentage à deux chiffres en moulinant d’avantage.

L’organisation évolue plutôt favorablement à chaque édition. La suppression des cut off au niveau des bases de vie permet de mieux gérer sa progression. L’accueil dans les bases de vie s’est également nettement amélioré.

J’ai été agréablement surpris par le nombre de cyclistes qui suivaient l’épreuve et qui sont venus à ma rencontre sur le parcours pour rouler un bout de chemin avec moi tout en papotant. Mais surtout, la rencontre avec un hôte d’origine brésilienne et résidant à Grésy-sur-Isère. S’arrêtant à ma hauteur alors que je m’équiper pour la nuit et que je prévoyais de bivouaquer, il m’a offert ainsi qu’à un autre concurrent le gîte et le couvert sans rien demander en retour.

Malheureusement j’ai été contraint à l’abandon sur blessure. J’ai essayé de tenir en pensant que les douleurs allaient passer. Mais quand le corps dit stop il faut savoir l’écouter.

Le temps de bien récupérer et je pourrai me lancer dans une “transhumance” Nord-Sud de plus de 900 km mi août puis un Evresting challenge en septembre dans l’Ariège.

Sans oublier Pascal Bride, chef d’orchestre de la base de vie du CCK et maestro du GPX !

La présence du Team Cyclosportissimo sur la RAF ne se limite qu’aux valeureux membres qui ont avalés ces centaines de kilomètres et défiés les pentes des plus beaux cols de France. En effet, pendant des mois, Pascal Bride a œuvré avec l’équipe de Arnaud Manzanini pour peaufiner un parcours qui a séduit sans conteste tous les participants.

Avec son club du CCK, il n’a par ailleurs pas compter les heures pour encourager, ravitailler, conseiller, photographier ou tout simplement assurer une présence amicale et chaleureuse aux participants du 2500 kms qui ont fait étape à la base de vie de Kingersheim.

2 réflexions au sujet de “Une belle RAF 2023 pour le Team Cyclosportissimo”

  1. Merci pour cette superbe synthèse. Ça fait du bien et c’est motivant de lire l’aventure de chacun même si certains n’ont pu aller au bout de leur rêve. Ça fait parti de l’expérience et je leur souhaite de rebondir avec une énergie à toute épreuve. Bravo l’équipe Cyclosportissimo

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